Reconnaissance des diplômes étrangers au Québec et au Canada
Par Équipe PostulioPublié le 6 min de lecture
En bref
Au Québec, l’évaluation comparative du MIFI situe vos études étrangères par rapport au système scolaire québécois. Ailleurs au Canada, des services d’évaluation reconnus produisent un rapport semblable, et le CICIC vous oriente. Pour une profession réglementée, c’est l’organisme de réglementation qui décide : l’évaluation ne remplace jamais un permis d’exercice.
Qu’est-ce que la reconnaissance des diplômes étrangers ?
La reconnaissance des diplômes étrangers regroupe les démarches qui permettent à un employeur, à un établissement d’enseignement ou à un organisme de réglementation de situer des études faites hors du Canada. Elle prend des formes différentes selon la province et selon que votre profession est réglementée ou non : il n’existe pas de démarche unique pour tout le pays.
C’est le point qui surprend le plus souvent les nouveaux arrivants. Un diplôme accepté dans le cadre d’une demande d’immigration n’est pas automatiquement reconnu par un employeur ou un ordre professionnel. Chaque destinataire a ses propres règles, et une évaluation faite pour un usage donné ne sert pas forcément à un autre.
Le Centre d’information canadien sur les diplômes internationaux (CICIC) (s’ouvre dans un nouvel onglet) résume la distinction de base : environ 20 % des emplois au Canada sont réglementés, et la reconnaissance y est déterminée par l’organisme de réglementation de la province ou du territoire. Pour les autres emplois, soit environ 80 %, la reconnaissance est normalement laissée à la discrétion de l’employeur.
Cet article ne constitue pas un conseil en immigration ni un avis juridique.
À quoi sert une évaluation de diplômes dans une recherche d’emploi ?
Dans un emploi non réglementé, une évaluation de diplômes sert surtout à rassurer le recruteur : elle traduit votre diplôme dans des repères qu’il connaît. Elle n’est généralement pas obligatoire, mais elle évite qu’un diplôme difficile à situer soit tout simplement ignoré lors du tri des candidatures.
Un recruteur qui lit « Licence en gestion, Université de X » ne sait pas toujours s’il s’agit d’un baccalauréat, d’un diplôme collégial ou d’autre chose. Faute de repère, il risque de sous-estimer votre formation, surtout si le poste exige un niveau d’études précis. Une évaluation officielle tranche la question en une ligne.
Au Québec, le gouvernement indique aux employeurs que l’évaluation comparative (s’ouvre dans un nouvel onglet) peut les aider à comprendre une formation étrangère et à situer le niveau de salaire d’une personne. La même page précise qu’elle n’est ni une équivalence de diplôme, ni une équivalence de formation, et qu’elle ne remplace pas un permis d’exercice.
Comment fonctionne l’évaluation comparative du MIFI au Québec ?
L’évaluation comparative des études effectuées hors du Québec est un avis d’expert du gouvernement du Québec. Elle indique à quel niveau scolaire québécois vos études peuvent être comparées. La demande se présente au ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), en suivant les étapes publiées sur Québec.ca.
La page Obtenir une évaluation comparative (s’ouvre dans un nouvel onglet) décrit la démarche en trois temps : préparer la demande, la soumettre, puis suivre son traitement. Les documents exigés, les frais et les délais y sont tenus à jour ; vérifiez-les au moment de votre demande plutôt que de vous fier à un chiffre lu ailleurs. Elle est aussi exigée avant de postuler dans la fonction publique québécoise : voyez notre guide emploi au gouvernement du Québec.
Deux précisions utiles pour votre recherche d’emploi :
- L’évaluation compare des systèmes scolaires, pas des compétences. Elle dit à quoi correspondent vos études, pas ce que vous savez faire. Votre CV doit montrer le reste.
- Elle n’ouvre pas, à elle seule, l’accès à une profession réglementée. Pour un ordre professionnel, renseignez-vous d’abord auprès de l’ordre visé : il peut avoir sa propre procédure d’équivalence.
Le gouvernement du Québec indique aussi qu’un employeur peut, dans certains cas, fournir une lettre permettant de demander un traitement prioritaire lorsque l’évaluation sert à une embauche. Si une entreprise s’intéresse à votre candidature, la question mérite d’être posée.
Qui évalue les diplômes ailleurs au Canada ?
Hors Québec, il n’y a pas d’évaluation gouvernementale unique pour l’emploi. Des services d’évaluation de diplômes, membres de l’Alliance canadienne des services d’évaluation de diplômes, produisent un rapport que vous pouvez présenter à un employeur ou à un organisme. Le CICIC sert de point d’entrée pour trouver le bon service.
Le CICIC ne délivre pas lui-même d’évaluation. Il oriente : selon sa page Trouvez l’organisation responsable de la reconnaissance (s’ouvre dans un nouvel onglet), la première étape consiste à identifier l’organisation responsable de l’évaluation, et six membres de l’Alliance offrent des services d’évaluation générale. Le rapport obtenu peut ensuite être présenté à l’organisation qui vous intéresse.
Avant de payer une évaluation, posez une question simple au destinataire : « Quel type de rapport acceptez-vous ? » Un ordre professionnel, un collège ou un employeur peut exiger un service précis ou un type de rapport particulier. Une évaluation produite pour une demande d’immigration, par exemple, répond à un autre objectif et n’est pas forcément acceptée ailleurs.
| Démarche | Qui la délivre | Ce qu’elle vous donne | Utile surtout pour |
|---|---|---|---|
| Évaluation comparative (Québec) | MIFI | Le niveau scolaire québécois comparable à vos études | Employeurs au Québec, emplois non réglementés |
| Évaluation par un service reconnu (hors Québec) | Membres de l’Alliance canadienne des services d’évaluation de diplômes | Un rapport sur vos études | Employeurs, certains établissements et organismes |
| Reconnaissance par un organisme de réglementation | Ordre professionnel ou organisme provincial | L’admissibilité à un permis, parfois sous conditions | Professions et métiers réglementés |
Pour l’immigration par Entrée express, c’est un autre document qui compte : l’évaluation des diplômes d’études, délivrée par un organisme désigné par IRCC. Notre guide de l’EDE explique qui doit l’obtenir et pour combien de temps elle reste valide.
Quand faut-il plutôt s’adresser à un organisme de réglementation ?
Si votre profession est réglementée dans la province où vous voulez travailler, c’est l’organisme de réglementation qui décide de la reconnaissance, pas l’employeur. Commencez par vérifier ce statut avec l’outil fédéral prévu à cet effet, puis contactez l’organisme, idéalement avant même votre arrivée au Canada.
Le gouvernement du Canada recommande d’utiliser l’Outil de reconnaissance des titres de compétences étrangers (s’ouvre dans un nouvel onglet) de Guichet-Emplois. Il indique si votre profession est réglementée, la durée et le coût de la reconnaissance, ainsi que les emplois de votre domaine ou les emplois connexes que vous pourriez occuper pendant la démarche. Le gouvernement du Canada mentionne aussi des prêts pour la reconnaissance des titres de compétences étrangers (s’ouvre dans un nouvel onglet), de 15 000 $ à 30 000 $, pour couvrir notamment des frais d’examen ou de formation.
Les professions réglementées obéissent à une logique propre, détaillée dans notre article sur les professions réglementées au Canada.
Comment présenter l’évaluation dans votre CV ?
Inscrivez l’équivalence directement sous le diplôme concerné, dans la section Formation, avec une formulation courte et exacte. Le recruteur doit comprendre votre niveau d’études sans quitter la page ni ouvrir une pièce jointe. Si la démarche est en cours, dites-le sobrement, à condition que ce soit vrai.
Quelques formulations possibles :
- « Maîtrise en génie civil, Université de X (2016) — évaluation comparative du MIFI : comparable à une maîtrise au Québec »
- « Bachelor of Commerce, Université de Y (2014) — évaluation de diplômes en cours »
- « Diplôme d’ingénieur, École Z (2012) — démarche d’admission en cours auprès de l’ordre professionnel »
N’exagérez jamais le résultat. Si l’évaluation situe un diplôme à un niveau inférieur à ce que vous espériez, présentez-le tel quel et laissez votre expérience faire la différence. Pour le reste du CV, notre guide sur l’adaptation d’un CV étranger au marché canadien détaille les éléments à retirer et à ajouter.
Comment Postulio peut-il vous aider ?
Le Studio CV de Postulio vous rappelle d’indiquer l’équivalence de vos diplômes et vous aide à la formuler clairement dans la section Formation, puis à adapter votre CV à chaque offre. Postulio ne fait pas de démarche de reconnaissance à votre place : l’évaluation reste à demander auprès du MIFI, d’un service reconnu ou de l’ordre concerné.
Le forfait Premium ajoute un parcours pour les nouveaux arrivants qui aborde les équivalences, les codes du marché canadien et le réseautage, ainsi qu’une séance humaine par mois, au choix : mentorat, revue de CV ou simulation d’entrevue. Une revue de CV peut par exemple vérifier que votre équivalence est bien mise en valeur. Ces outils clarifient votre démarche ; ils ne garantissent ni emploi ni entrevue, et c’est vous qui envoyez chaque candidature. Pour la suite, lisez comment décrocher un premier emploi sans expérience canadienne, ou parcourez tous nos articles pour les nouveaux arrivants.
Sources
- Québec.ca, Obtenir une évaluation comparative (s’ouvre dans un nouvel onglet) — démarche de demande auprès du MIFI.
- Québec.ca, Évaluation comparative pour les employeurs (s’ouvre dans un nouvel onglet) — nature de l’évaluation, ce qu’elle n’est pas, traitement prioritaire.
- CICIC, Trouvez l’organisation responsable de la reconnaissance (s’ouvre dans un nouvel onglet) — emplois réglementés et non réglementés, services d’évaluation de l’Alliance.
- Guichet-Emplois, Outil de reconnaissance des titres de compétences étrangers (s’ouvre dans un nouvel onglet) — statut réglementé, durée et coût de la reconnaissance.
- Gouvernement du Canada, Reconnaissance des titres de compétences étrangers (s’ouvre dans un nouvel onglet) — démarche générale et prêts.
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